Léon Gromier, Commentaire du Caeremoniale episcoporum. L’absoute I

Livre 2
Chapitre 11*

Préparatifs pour la messe pontificale des morts. Qualité de la cire.  L’évêque n’emploie ni sandales, ni gants, ni crosse. Il omet les prières de la préparation. Parure du chapitre. On ne baise pas les mains de l’évêque. Où se chantent l’épître et l’évangile. Des cierges sont distribués et allumés. Quels encensements on fait. (Oraison funèbre.) Absoute donnée devant le trône, ou bien au catafalque. Cinq absoutes pour le souverain pontife, un cardinal, (le nonce,) le métropolitain, l’évêque, le prince souverain. Personnages qui les donnent, et comment ils sont vêtus. Ordonnance des encensements. Chant (des répons et) des oraisons. Fin des absoutes, et modalités les concernant.

1. Quand l’évêque veut célébrer pontificalement pour la commémoraison de tous les défunts, ou bien n’import quand, pour un ou plusieurs défunts, on prépare ce qui suit, L’autel sans aucun ornement de fête, sans statues ni bustes de saints, (sans reliquaires,) mais seulement avec la croix et six chandeliers (non dorés.) Deux chandeliers sur la credence, le drap mortuaire qu’on étendra pour l’absoute après la messe, s’il n’y a pas dans la nef un catafalque, ou lit funèbre, ou civière mortuaire.

(…) On distingue plusieurs manières de disposer le corps d’un défunt, ou d’en faire la représentation. Leur complexité se proportionne à la qualité du défunt.

Première manière: Le lit funèbre est un vaste lit, très surélevé à l’ancienne mode, à plan incliné portant un forme de cercueil; le tout entouré d’étoffe noire, et couvert du drap mortuaire. Le défunt semble être sur le lit; en réalité il est dessous.

Seconde manière: Le catafalque, qui se voit un peu partout, est une estrade plus ou moins haute, plutôt pyramidale, qui porte soit le cercueil, soit une forme de cercueil ou de tombeau; le tout de couleur noire, et couvert du drap mortuaire.

Troisième manière: La civière est un brancard à quatre pieds et quatre barres, convenablement décoré, qui sert à porter le cercueil couvert du drap mortuaire. On la pose sur le sol, ou sur une plate-forme.

Dans ces trois manières, des cierges brûlent autour du défunt, placés sur des chandeliers de préférence en fer ou en bois.

Quatrième manière: Le drap mortuaire étendu par terre, au pied du trône ou au pied de l’autel, suppose que le défunt est enterré sous le pavé; on l’étend au moment voulu, sans chandeliers.

Une cinquième manière, peu répandue, usitée à Rome, dite more nobilium, caractérise la noblesse du défunt, quand on n’a pas motif de faire autrement. Sur le drap mortuaire étendu par terre, dans la nef, on place le cercueil nu; deux chandeliers seulement, un à la tête, l’autre aux pieds: autour du drap mortuaire un quadrilatère formé de simples bancs de bois, sur lesquels sont couchés
des paquets de cierges éteints. Cela montre de la modestie quant au défunt, et ensemble de la générosité quant à la paroisse, qui bénéficie des paquets de cierges.

Le Caeremoniale episcoporum (C. E.) appelle castrum doloris un catafalque de grandes proportions, d’aspect monumental, qui peut s’employer pour le pape (le corps non présent), pour le souverain, pour un haut personnage, pour un citoyen éminent. Jadis, ce catafalque était parfois surmonté d’un baldaquin à colonnes, chose prohibée; mais on y voyait bien moins le dais d’un trône qu’un ciel de lit, à une époque où tout lit respectable avait une garniture de ce genre.

Le cercueil, réel ou feint, de tous les ecclésiastiques défunts, doit toujours être mis dans la nef, jamais dans le chœur. L’ecclésiastique vivant avait bien sa place au chœur, stalle ou même trône; mais mort, il ne peut plus l’occuper; son cadavre ne doit pas encombrer le chœur. Tout ecclésiastique est un homme public, un fonctionnaire religieux. Défunt, il ne déchoit nullement de son rang à être placé dans la nef, exposé là où le peuple peut l’approcher, jadis le voir, le vénérer; où il se trouve au milieu de sa parenté et des personnes menant le deuil. Quant au clergé, la meilleure manière dont il peut honorer le défunt est de se rendre auprès de lui afin de l’entourer pendant l’absoute.

(…) 6. Si l’on distribue des cierges, on le fait durant le chant de la séquence. On les allume pour l’évangile; ensuite pour la consécration, jusqu’après la communion; enfin pour l’absoute.

Le C. E., le Missel, le Pontifical et le Rituel s’accordent pour déclarer facultative la distribution des cierges dans la messe des morts. Notons pourtant que le Rituel en recommande fort l’emploi d’une façon générale, et les demande pour l’absoule. Notons aussi que le C. E. et le Pontificat veulent que les absolvants des cinq absoutes aient leur cierge; cela ferait un curieux contraste avec le cIergé s’il n’avait point de cierges.

Si quelqu’un s’étonnait de voir le clergé tenir des cierges pendant l’évangile, alors que les acolytes ne portent pas leurs chandeliers, il devra faire cette réflexion: Les chandeliers des acolytes se portent à cause de l’évangile, qui dans notre cas subit une simplification sur l’ambon, la lumière et l’encens; au contraire, le clergé tient des cierges à cause des morts et de l’application de l’évangile qu’on leur fait.

(…) 10. 11. A la fin de l’oraison funèbre, ou si elle n’a pas lieu, dès que l’évêque a revêtu le pluvial après la messe, des clercs étendent le drap mortuaire au pied du trône, devant le plus bas degré, pour l’absoute. Si l’évêque avait chanté la messe au faldistoire, on étendrait
le drap mortuaire au pied de l’autel, devant le plus bas degré, pour y donner l’absoute.

Le texte latin donne à choisir: ou étendre le drap mortuaire, ou apporter la civière mortuaire, tant au pied du trône qu’au pied de l’autel. La civière n’est connue ni du Caeremoniale S.R.E., ni de P. Grassi; elle fut admise plus tard à la chapelle papale, puis introduite dans le C. E., et n’y fut pas un perfectionnement. Si l’on étend le drap mortuaire, on suppose le mort enterré sous le pavé à cet endroit; en cela rien d’impossible, d’invraisemblable, de surprenant. Au contraire, si l’on amène une civière censée porter un mort, on fait une manœuvre stupéfiante, une supercherie incroyable; des questions se poseront: d’où arrive le mort? Que n’est-il venu plus tôt? Ne savait-on qu’en faire jusqu’à présent? Voilà qui frise le ridicule. Qu’on s’en tienne donc au simple, commode
et modeste drap mortuaire.

Quoique l’ordre logique des phrases ne soit pas observé dans le texte latin, on comprend bien le drap mortuaire étendu au pied du trône ou de l’autel, suivant qu’on donne l’absoute depuis l’un ou l’autre. On le comprendrait encore mieux si, à la treizième ligne du numéro 10, le mot presbyterii, de sens peu précis aujourd’hui, ne causait pas superfluité et perplexité. Ce lieu dit presbytère n’est pas obligé d’avoir des degrés; s’il en a quelque part, ce ne seront jamais les degrés du trone ni de l’autel.

10. Si, au milieu de l’église, se trouve le lit funèbre ou le catafalque, l’évêque doit s’y rendre processionnellement avec les chanoines et le clergé, qui prendront place à des bancs préparés, pour eux; aussi bien dans le cas de l’évêque seul, que dans celui de l’evêque joint à quatre autres absolvants, comme on verra. (Alors on prépare un faldistoire couvert de noir, et au besoin quatre tabourets nus, en plus de ceux. pour les ministres.)

12. L’évêque assis, et le drap mortuaire étendu, les chantres commencent le répons Libera me, Domine, etc. A la reprise du répons viennent au trône le thuriféraire et le porte-bénitier; l’évêque, servi par le prêtre assistant, met et bénit l’encens. Sur la fin du répons, l’évêque sans mitre se lève; après le troisième Kyrie, eleison, il chante Pater noster, qu’il continue en silence; il reçoit l’aspersoir du prêtre assistant, asperge trois fois le drap mortuaire, au milieu, à sa gauche, à sa droite, rend l’aspersoir, reçoit du même l’encensoir, et en donne pareillement trois coups sur le drap mortuaire, les diacres assistants élevant toujours les bords du pluvial. Pendant ce temps sont venus au pied du trône deux acolytes avec leurs chandeliers, hors du drap mortuaire, le porte-livre et le porte-bougeoir se tenant prêts. L’encensement terminé, l’évêque chante Et ne nos inducas, etc., les versets et l’oraison, sur le livre tenu par le prêtre assistant. A la fin, en chantant le verset Requiem aeternam, etc., l’évêque fait un signe de croix vers le drap mortuaire; puis les chantres ajoutent Requiescant in pace. On dépose les ornements sur place, et l’évêque se retire après avoir fait oraison.

Certains voudraient que le livre fût tenu à l’évêque par le portelivre, non par le prêtre assistant, sous prétexte que le C. E. dit: tenu par le ministre habituel. Or, l’un et l’autre sont le ministre habituel, chacun dans le cas prévu; aucun des deux n’est plus habituel que l’autre. Le prêtre assistant tient le livre dans toute véritable célébration; le porte-livre dans tous les autres cas; or ici nous avons célébration, qui continue. On ne dira pas que, la célébration étant terminée, le prêtre assistant ne tient plus le livre; car ainsi, à l’oraison de tierce parée, le prêtre assistant ne tiendrait pas encore le livre, la célébration n’étant pas commencée. Pour lors, la célébration continue si bien que le prêtre assistant tient le livre pour l’oraison Non intres in judicium, etc. (n. 17). Si donc le prêtre assistant tient le livre pour la première oraison de l’absoute, le bon sens exige qu’il le tienne pour la dernière.

Cette anicroche est arrivée d’une façon assez banale. Le C. E, copie presque littéralement la description de l’absoute dans le Pontifical (l. 3, De officio post missam pro defunctis), qui suppose la messe au faldistoire. Dans les premières éditions du C. E., la messe pontificale des morts n’avait ni diacres assistants pour la messe, ni prêtre assistant pour l’absoute. Lorsque, fort justement, on introduisit dans la messe funèbre au trône le chapitre paré et les trois assistants du trône, on pensa bien au prêtre assistant pour lui faire tenir le livre à l’oraison Non intres, etc.; mais on l’oublia pour l’oraison de l’absoute au trône, et pour la dernière oraison de l’absoute au catafalque.

Le texte latin déplace indûment le signe de croix que doit faire l’évêque; car c’est en chantant Requiem aeternam, etc., non en silence après le Requiescant in pace final. Le même signe de croix est oublié à la fin du numéro 22.

Puisque, à la neuvième ligne du présent numéro, le C. E. esquisse l’hypothèse de l’absoute au faldistoire, mais sans aboutir, et en s’interrompant au Pater noster, on est forcé de suppléer à cette lacune. Voici donc en entier la cérémonie, tronquée dans le texte latin.

Si l’évêque a chanté la messe au faldistoire, pendant qu’il s’y déshabille pour prendre le pluvial, le prêtre assistant quitte le sien et se retire, ayant achevé sa fonction; on étend le drap mortuaire devant l’autel. Pendant le chant du répons l’évêque est assis au faldistoire, le diacre et le sous-diacre à leur banc. A la reprise du répons, les ministres rejoignent l’évêque, le diacre lui fait mettre et bénir l’encens; le thuriféraire et le porte-bénitier vont au coin de l’évangile. Avant le Kyrie, eleison, le diacre ôte la mitre, l’évêque monte directement au coin de l’épître, devant le missel, ayant les ministres à sa droite. Après le dernier Kyrie, l’évêque chante Pater noster, se rend au milieu de l’autel et lui tourne le dos, entre le diacre à sa droite et le sous-diacre à sa gauche. Servi par le diacre, il asperge et encense le drap mortuaire; puis retourne devant le missel, ou il chante Et ne nos, etc., les versets et l’oraison. Après celle-ci, sans changer de place, il se retourne vers le drap mortuaire et fait un signe de croix en chantant le verset Requiem aeternam, etc. Ensuite l’évêque reçoit la mitre, et va au faldistoire s’il y dépose les ornements.

(…)

Livre 2
Chapitre 37

Un anniversaire pour tous les évêques et chanoines défunts de la cathédrale y doit y être célébré chaque année. L’évêque assiste pontificalement à la messe. L’absoute est donnée par l’évêque ou par le célébrant.

1. Un jour non empêché dans les sept qui suivent le 2 novembre, l’anniversaire pour tous les évêques et chanoines de la cathédrale défunts sera chanté par un chanoine. L’évêque y assistera pontificalement en chape, puis prendra le pluvial et donnera l’absoute comme au chapitre précédent.

2. Si l’évêque n’était pas présent, ou s’il était présent mais ne donnait pas l’absoute, le célébrant la donnerait de la manière suivante.

Voici la description de l’absoute donnée depuis l’autel, ressemblant à celle donnée depuis le trône, sans catafalque, sans procession, le clergé restant à ses places au chœur; absoute s’adaptant aux services de troisième, septième, neuvième, trentième, quarantième jour, et d’anniversaire.

La messe finie, le célébrant descend à son banc au coin de l’épître; lui et ses ministres quittent le manipule; il prend le pluvial au lieu dela chasuble; tous trois s’asseyent, comme l’évêque et le chœur, pendant le chant du répons Libera me, etc. En même temps des ercs auront étendu le drap mortuaire sur le pavé devant l’autel.

Durant le répons, l’évêque est assis au trône, un évêque officiant au faldistoire y serait assis, le clergé est assis au chœur, n’ayant point motif d’être debout; mais le célébrant serait debout à l’autel pour n’y rien faire, d’après le texte latin. Celui-ci doit s’entendre avec tempérament; en d’autres termes, le célébrant monte à l’autel quand il le faut.

3. Lorsque les chantres reprennent le répons après le verset Requiem aeternam, le thuriféraire et le prêtre assistant montent au trône; l’évêque, servi par le prêtre assistant, met l’encens avec la bénédiction habituelle. Ensuite le thuriféraire porte l’encensoir à l’autel, se joint au porte-bénitier, et tous deux vont au coin de l’évangile.

Le célébrant devra agir au milieu de l’autel, servi par le diacre à sa droite, vers le coin de l’évangile. Le thuriféraire et le porte-bénétier ne peuvent donc pas se tenir du côté de l’épître, malgré le latin qui fait erreur de rédaction.

4. A la reprise du répons, le célébrant avec ses ministres monte au coin de l’épître, devant le missel. Il met et bénit l’encens, servi par le diacre, si l’évêque n’est pas présent.

5. A la fin du répons, tous se découvrent et se lèvent pour le Kyrie, eleison. Après le dernier Kyrie, le célébrant chante Pater noster et continue à voix basse; il va au milieu de l’autel et lui tourne le dos, ayant le diacre à sa droite, le sous~diacre à sa gauche. Servi par le diacre, il asperge puis encense le drap mortuaire de trois coups. Retourné devant le missel au coin de l’épître, il chante Et ne nos inducas, etc., les versets et l’oraison. Après celle-ci, en chantant le verset Requiem aeternam dona ei, Domine, il se tourne et fait un signe de croix vers le drap mortuaire. Le verset Requiescant in pace ajouté par les chantres, il retourne à la sacristie.

Cette manière de donner l’absoute vaut également pour un évêque ayant chanté la messe au faldistoire, avec une seule différence: l’évêque célébrant met et bénit l’encens assis au faldistoire, d’où il part pour monter au milieu de l’autel avant le Kyrie, eleison.

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Si è omesso il commento alle cinque assoluzioni al catafalco.

Cfr. L. GROMIER, Commentaire du Caeremoniale episcoporum, Paris, La Colombre, 1959, pp. 332-339; 466-467.

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Padova 22 novembre, requiem per i defunti del gruppo di S. Canziano

Padova, chiesa di S. Canziano 22 novembre 2017 ore 16

Il 22 novembre 2017 alle 16 alla chiesa di S. Canziano (S. Rita) a Padova (via S. Canziano presso piazza delle Erbe) Messa di requiem in suffragio dei Defunti del gruppo di fedeli frequentatori della liturgia tridentina alla chiesa di S. Canziano. 

Cfr. San Canziano Padova

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In memoriam

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E’ mancato il 10 novembre 2017 il dottore agronomo Dante Turrini, Padre del cons. Riccardo Turrini Vita già presidente nazionale di Una Voce Italia. Le esequie secondo il rito romano antico avranno luogo oggi lunedì 13 novembre alle 15 in Roma alla parrocchia della Ss.ma Trinità dei Pellegrini  (piazza omonima).

Nel rimpianto di un grande Amico, l’Associazione manifesta il proprio cordoglio al suo ex presidente e ai familiari tutti.

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A Genova pontificale di mons. Guido Pozzo per il 10° di Summorum Pontificum e il 70° di Mediator Dei

ge18-11-2017

Il 18 novembre 2017 alle 17, all’Abbazia di S. Stefano (spèra Via XX Settembre a Genova Messa pontificale celebrata da mons. Guido Pozzo, segretario della Pontificia Commissione Ecclesia Dei. Il Coro Jubilus, diretto dal m° Enrico Sobrero, eseguirà la Missa Prima Pontificalis di L. Perosi.

A seguire la commemorazione dell’Enciclica Mediator Dei del ven. Pio XII, tenuta dal prof. don Nicola Bux.

L’iniziativa, promossa dalla Sezione di Genova Card. Giuseppe Siri di Una Voce Italia, unitamente al Comitato Papa Pacelli Associazione Pio XII e all’Abbazia di Santo Stefano, intende commemorare il duplice anniversario che ricorre quest’anno: del Motu proprio Summorum Pontificum (7 luglio 2017) di Benedetto XVI e dell’Enciclica Mediator Dei (20 novembre 1947) di Pio XII.

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Venezia 9 e 10 novembre 2017 convegno sulla chiesa di S. Giacomo dell’Orio

Convegno Internazionale La Chiesa e la Parrocchia di San Giacomo dall’Orio: una trama millenaria di arte e fede, Venezia 9 e 10 novembre 2017

Il 9 e 10 novembre 2017 a Venezia, a Ca’ Dolfin (Aula Magna Silvio Trentin,
Dorsoduro 3825/D) si terrà il convegno internazionale di studi «La Chiesa e la Parrocchia di S. Giacomo dall’Orio: una trama millenaria di arte e fede», a cura di Massimo Bisson, Isabella Cecchini e Deborah Howard.

Come ogni chiesa parrocchiale veneziana, S. Giacomo dell’Orio ha fortemente condizionato lo sviluppo dell’area urbana adiacente. Il suo caratteristico isolamento rispetto agli edifici circostanti, tuttavia, costituisce un elemento di particolare interesse, comune anche alla parrocchiale di S. Maria Formosa: come quest’ultima, infatti, S. Giacomo ha la facciata rivolta verso il canale e le absidi verso il campo, che circonda l’edificio sui restanti tre lati.

Area progressivamente marginalizzata, quella di pertinenza dell’antica parrocchia configura uno spazio interno al quale l’accesso al Canal Grande viene consentito da un sistema di rii. La connotazione dell’area attorno a S. Giacomo, dunque, oscilla tra periferia e centro: la parrocchia è abitata prevalentemente da artigiani e operai, ma la zona conserva ancora alcuni palazzi patrizi, tra i quali quello del diarista Marin Sanudo. E diviene anche la sede di un teatro anatomico che si trovava nei pressi dell’attuale Corte dell’Anatomia, mentre nel 1671, grazie all’iniziativa di un Loredan, viene inaugurato il Collegio dei Chirurghi.

Il convegno intende dunque affrontare gli aspetti più generali legati all’ambiente sociale della parrocchia e al suo contesto urbano. Si intende contestualizzare l’area nella quale è collocata la chiesa, centrale rispetto al campo di affaccio, e che in ogni caso ne permette anche una particolare vivibilità: ludica (vi si praticava il gioco del calcio al quale partecipavano anche giovani patrizi – il campo rimase sterrato sino al diciottesimo secolo), religiosa (le processioni delle numerose confraternite), sociale (la presenza delle manifatture).

L’ultima sessione si svolgerà all’interno stesso della chiesa.

La manifestazione, dopo i saluti e l’introduzione dei curatori il giorno 9 alle ore 10, si articolerà in tre sezioni: la prima – nella stessa mattinata – dedicata al contesto urbano, con interventi di Michela Agazzi (Venezia Ca’ Foscari), Edoardo Demo (Verona), Jane Stevens Crawshaw (Oxford Brookes University); la seconda con inizio alle 14:30 sulla vita della Parrocchia, in cui prenderanno la parola Pascal Vuillemin (Savoie Mont Blanc), Isabella Cecchini (Venezia Ca’ Foscari) e Jean-François Chauvard (Lyon 2), Francesco Trentini (Venezia Ca’ Foscari), Elena Quaranta (Venezia Ca’ Foscari). Il 10 novembre alle 9:30 si svolgerà l’ultima sezione che tratterà di conservazione e trasformazione, vi interverranno Massimo Bisson (Padova), che parlerà di trasformazioni architettoniche e funzionalità liturgica del complesso dell’organo di S. Giacomo, Adriano Amendola (Salerno), Marie-Louise Lillywhite (Warwick), Thomas Worthen (Drake University). Nel pomeriggio, come detto, si terrà la sessione in situ all’interno della chiesa, curata da Massimo Bisson, Isabella Cecchini, Gianmario Guidarelli e Deborah Howard, con introduzione dei curatori e discussione dei temi emersi durante il convegno.

Per informazioni: scuoladottorale_storiadellearti@unive.it

Cfr. www.unive.it

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Dom Prosper Guéranger, Le Ier Novembre. La Fête de tous les Saints. Les Vêpres des morts

(…) Aux Vêpres de la Toussaint succedènt sans transition les Vêpres des morts.

LES VÊPRES DES MORTS.

JAMAIS éloquence ni science n’atteindront la hauteur d’enseignement, la puissance de supplication quirègnent en l’Office des défunts. Seule l’Epouse connaît à ce point les secrets de l’autre vie, le chemin du cœur de l’Epoux; seule la Mère peut prétendre au tact suprême qui lui permet, en allégeant à ceux qui l’ont quittée leur purification douloureuse, de consoler ainsi les orphelins, les isolés, laissés par eux en larmes sur la terre.

DILEXI: le premier chant du purgatoire est un chant d’amour; comme le dernier du ciel en cette fête du souvenir fut CREDIDI, le Psaume rappelant la loi et les épreuves passées des élus. Que parlions-nous de transition tout à l’heure? Lien commun de l’âme souffrante et de l’âme bienheureuse, la charité est à toutes deux leur dignité, leur inamissible trésor; mais tandis que la vision remplaçant la foi ne laisse plus dans l’une que jouissance à l’amour, ce même amour devient pour l’autre, en l’ombre où la retiennent ses fautes inexpiées, la source d’inénarrables tourments. Toutefois c’en est fait des angoisser d’ici-bas, des périls d’enfer; confirmée en grâce, l’âme ne pèche plus; elle n’a que reconnaissance pour la miséricorde qui l’a sauvée, pour la justice qui l’épure et la rend digne de Dieu. Tel est son état d’acquiescement absolu, d’attente abandonnée, que l’Eglise l’appelle «un sommeil de paix» (1).

ANT. PLACEBO Domino * in regione vivorum.

ANT. JE plairai au Seigneur en la terre des vivants.

PSAUME CXIV.

DILEXI, quoniam exaudiet Dominus * vocem orationis meæ.
Quia inclinavit aurem suam mihi: * et in diebus meis invocabo.
Circumdederunt me dolores mortis: * et pericula inferni invenerunt me.
Tribulationem et dolorem inveni: * et nomen Domini invocavi.
O Domine, libera animam meam: * misericors Dominus, et justus, et Deus noster miseretur.
Custodiens parvulos Dominus: * humiliatus sum, et liberavit me.
Convertere, anima mea, in requiem tuam: * quia Dominus benefecit tibi.
Quia eripuit animam meam de morte: * oculos meos a lacrimis, pedes meos a lapsu.
Placebo Domino * in regione vivorum.

J’AI aimé le Seigneur; il exaucera ma prière.
Déjà il m’a écouté; je l’invoquerai sans trêve.
La mort et ses douleurs m’environnaient; j’étais assailli par les périls d’enfer.
L’angoisse et la tribulation avaient fondu sur moi; j’invoquai le nom du Seigneur:
O Seigneur, délivrez mon âme!
Miséricordieux et juste est le Seigneur, bon est notre Dieu!
Le Seigneur garde les petits, je me suis humilié, il m’a délivré.
Sois donc à ton repos, mon âme; car le Seigneur a été bon pour toi.
Il a délivré mon âme de la mort, mes yeux des pleurs sans fin, mes pieds de la chute éternelle.
Je veux plaire au Seigneur en la terre des vivants.

Au lieu de la doxologie ordinaire, l’Eglise, à la fin de chaque Psaume, adresse à Dieu une prière instante pour les trépassés:

REQUIEM æternam * dona eis, Domine.
Et lux perpetua * luceat eis.

DONNEZ-LEUR, Seigneur, le repos éternel;
Que luise pour eux la lumière sans fin.

ANT. Placebo Domino * in regione vivorum.

ANT. Je plairai au Seigneur en la terre des vivants.

Plaire à Dieu sans nulles réserves un jour! Séparée du corps qui l’alourdissait, la distrayait par mille futiles soins (2), l’âme s’absorbe en cette aspiration unique, à la satisfaction de laquelle convergent toutes ses énergies, tous les tourments dont elle remercie le ciel d’aider sa faiblesse. Creuset béni où se consument les restes du péché, où si pleinement se solde toute dette! C’est de ses flammes secourables que, toute trace disparue des anciennes souillures, effacées toutes rides déparent sa beauté native, elle s’envolera vers l’Epoux, véritablement bienheureuse, sûre que les complaisances du Bien-Aimé n’auront à souffrir en elle d’aucunes restrictions.

Combien pourtant douloureusement son exil se prolonge! Si par la charité elle est en communion avec les habitants des cieux, le feu qui la châtie ne diffère pas matériellement de celui de l’abîme. Son séjour confine à celui des maudits; elle doit porter ce voisinage du Cédar infernal, des adversaires de toute paix, des démons odieux qui poursuivirent sa vie mortelle de leurs assauts et de leurs ruses, qui, au tribunal de Dieu, l’accusaient encore de leurs bouches trompeuses. «De la porte de l’enfer, arrachez-la», va bientôt supplier l’Eglise.

ANT. HEI mihi Domine, * quia incolatus meus prolongatus est.

ANT. HÉLAS! Seigneur, il que mon exil est long!

PSAUME CXIX.

AD Dominum cum tribularer clamavi: * et exaudivit me.
Domine, libera animam meam a labiis iniquis, * et a lingua dolosa.
Quid detur tibi, aut quid apponatur tibi * ad linguam dolosam?
Sagittæ potentis acutæ, * cum carbonibus desolatoriis.
Heu mihi, quia incolatus meus prolongatus est: habitavi cum habitantibus Cedar: * multum incola fuit anima mea.
Cum his, qui oderunt pacem, eram pacificus: * cum loquebar illis, impugnabant me gratis.
Requiem æternam * dona eis, Domine.
Et lux perpetua * luceat eis.

DANS ma tribulation, j’ai crié vers le Seigneur, et il m’a exaucé.
Délivrez-moi, Seigneur, des lèvres méchantes et de la langue trompeuse.
Quel sera ton salaire? que te reviendra-t-il, langue de mensonge?
Tu es semblable à la flèche aiguë lancée par un bras puissant, aux charbons qui désolent par l’incendie.
Hélas! que mon exil est long! je suis au milieu des habitants de Cédar; que l’exil de mon âme dure longtemps!
Je suis demeuré pacifique avec les ennemis de la paix, qui de mes paroles prenaient l’occasion d’injustes accusations.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel;
Que luise pour eux la lumière sans fin.

ANT. Hei mihi Domine, * quia incolatus meus prolongatus est.

ANT. Hélas! Seigneur, que mon exil est long!

L’âme cependant ne défaille pas; levant ses yeux vers les montagnes, elle sait qu’elle peut compter sur le Seigneur, qu’elle n’est abandonnée ni du ciel qui l’attend, ni de l’Eglise dont elle est fille. Si près qu’il soit situé de la région des pleurs éternels, le purgatoire, où s’embrassent la justice et la paix (3), n’est point inaccessible aux Anges. Aux divines communications dont ces augustes messagers lui apportent le réconfort, se joint l’écho de la prière des bienheureux, des suffrages de la terre. L’âme est surabondamment assurée que le seul mal digne de ce nom, que le péché ne saurait l’atteindre.

ANT. DOMINUS custodit te * ab omni malo: custodiat animam tuam Dominus.

ANT. LE Seigneur vous garde de tout mal; que le Seigneur garde en tout votre âme.

PSAUME CXX.

LEVAVI oculos meos in montes, * unde veniet auxilium mihi.
Auxilium meum a Domino, * qui fecit cœlum et terram.
Non det in commotionem pedem tuum: * neque dormitet qui custodit te.
Ecce, non dormitabit neque dormiet, * qui custodit Israël.
Dominus custodit te, Dominus protectio tua, * super manum dexteram tuam.
Per diem sol non uret te: * neque luna per noctem.
Dominus custodit te ab omni malo: * custodiat animam tuam Dominus.
Dominus custodiat introitum tuum, et exitum tuum: * ex hoc nunc, et usque in sæculum.
Requiem æternam * dona eis, Domine.
Et lux perpetua * luceat eis.

J’AI levé mes yeux vers  les montagnes  d’où viendra le secours.
Mon secours me vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Qu’il ne laisse point vaciller vos pas, qu’il ne s’endorme pas celui qui vous garde.
Non; il ne s’endormira ni ne s’assoupira celui qui garde Israël.
C’est lui, le Seigneur, qui vous garde; c’est lui, le Seigneur, qui est votre protection; il se tient à votre droite.
Ni le soleil ne vous nuira durant le jour, ni la lune dans la nuit.
Le Seigneur vous garde de tout mal; que le Seigneur garde en tout votre âme.
Que le Seigneur garde votre entrée, qu’il garde votre sortie, et maintenant, et toujours.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel;
Que luise pour eux la lumière sans fin.

ANT. Dominus custodit te * ab omni malo: custodiat animam tuam Dominus.

ANT. Le Seigneur vous garde de tout mal; que le Seigneur garde en tout votre âme.

L’usage du peuple chrétien consacre plus spécialement le Psaume cxxix à la prière pour les morts; cri de détresse, mais aussi d’espérance.

Le dénuement des âmes au séjour d’expiation est bien fait pour toucher nos cœurs. Sans être au ciel, en cessant d’appartenir à la terre, elles ont perdu les privilèges qui, de par Dieu, compensent pour nous le danger du voyage en ce monde de l’épreuve. Si parfaits que soient tous leurs actes d’amour, d’espérance, de foi résignée, elles ne méritent plus ; acceptées comme elles le sont, leurs inexprimables souffrances nous vaudraient à nous la récompense de milliers de martyrs: il n’en doit rien rester dans l’éternité à l’actif de ces âmes, rien que le fait d’un règlement de compte apuré autrefois par sentence du juge.

Pas plus que mériter, elles ne peuvent satisfaire comme nous à la justice par équivalences acceptées de Dieu Plus radicale que celle du paralytique de Bethsaïda (4) est leur impuissance à s’aider elles-mêmes; la piscine du salut est restée sur terre, avec l’auguste Sacrifice, les Sacrements, l’usage des clefs toutes-puissantes confiées à l’Eglise.

Or cependant l’Eglise, qui n’a plus sur elles de juridiction, conserve à leur endroit toutes ses tendresses de Mère; et son crédit est grand toujours près de l’Epoux. Elle fait donc sienne leur prière; ouvrant le trésor qui lui vient de la surabondante rédemption du Seigneur, elle offre de son fonds dotal à Celui-là même qui le lui a constitué, en échange de la délivrance de ces âmes ou de l’allégement de leurs peines: et ainsi arrive-t-il que, sans léser nuls droits, la miséricorde entre et déborde en ces abîmes où régnait seule l’inexorable justice.

ANT. SI iniquitates * observaveris, Domine: Domine, quis sustinebit?

ANT. SEIGNEUR,  si vous considérez nos iniquités; Seigneur, qui soutiendra votre jugement?

PSAUME  CXXIX.

DE profundis clamavi ad te, Domine: * Domine, exaudi vocem meam:
Fiant aures tuæ intendentes, * in vocem deprecationis meæ.
Si iniquitates observaveris, Domine: * Domine, quis sustinebit?
Quia apud te propitiatio est: * et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus: * speravit anima mea in Domino.
A custodia matutina usque ad noctem: * speret Israël in Domino.
Quia apud Dominum misericordia: * et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israël, * ex omnibus iniquitatibus ejus.
Requiem æternam * dona eis, Domine.
Et lux perpetua * luceat eis.

DE l’abîme j’ai crié vers vous, Seigneur; Seigneur, écoutez ma voix.
Que vos oreilles soient attentives au cri de ma prière.
Seigneur, si vous considérez nos iniquités; Seigneur, qui soutiendra votre jugement?
Mais la miséricorde est en vous; à cause de votre parole, je vous attends, Seigneur.
Mon âme se soutient par vos oracles ; mon âme espère dans le Seigneur.
Du matin à la nuit, qu’Israël espère dans le Seigneur.
Car dans le Seigneur est la miséricorde, et sa rédemption est surabondante.
Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel;
Que luise pour eux la lumière sans fin.

ANT. Si iniquitates * observaveris, Domine: Domine, quis sustinebit?

ANT. Seigneur, si vous considérez nos iniquités; Seigneur, qui soutiendra votre jugement?

Je vous louerai, car vous m’avez exaucée. L’Eglise ne prie jamais en vain. Le dernier Psaume dit sa reconnaissance, et celle des âmes que l’Office qui va finir aura tirées de l’abîme ou rapprochées des cieux. Grâce à lui, plus d’une qui, ce matin encore, était retenue captive, fait son entrée dans la lumière au crépuscule de cette touchante fête delà Toussaint, dont s’accroissent ainsi au dernier moment les joies et la gloire. Suivons du cœur et de la pensée les nouvelles élues; en nous souriant, en nous remerciant, nous leurs frères ou leurs fils, elles s’élèvent radieuses de la région des ombres, et elles chantent: Seigneur, je vous glorifierai en la présence des Anges; j’adorerai donc en votre saint temple! Non; le Seigneur ne méprise pas les œuvres de ses mains.

ANT. OPERA * manuum tuarum, Domine, ne despicias.

ANT. SEIGNEUR, ne méprisez pas les œuvres de vos mains.

PSAUME CXXXVII.

CONFITEBOR tibi, Domine, in toto corde meo: * quoniam audisti verba oris mei.
In conspectu Angelorum psallam tibi: * adorabo ad templum sanctum tuum, et confitebor nomini tuo.
Super misericordia tua, et veritate tua: * quoniam magnificasti super omne, nomen sanctum tuum.
In quacumque die invocavero te, exaudi me: * multiplicabis in anima mea virtutem.
Confiteantur tibi, Domine, omnes reges terræ: * quia audierunt omnia verba oris tui:
Et cantent in viis Domini: * quoniam magna est gloria Domini.
Quoniam excelsus Dominus, et humilia respicit: * et alta a longe cognoscit.
Si ambulavero in medio tribulationis, vivificabis me: * et super iram inimicorum meorum extendisti manum tuam, et salvum me fecit dextera tua.
Dominus retribuet pro me: * Domine, misericordia tua in sæculum: opera manuum tuarum ne despicias.
Requiem æternam * dona eis, Domine.
Et lux perpetua * luceat eis.

JE vous louerai, Seigneur, de tout mon cœur, parce que vous avez écouté les paroles de ma bouche.
Je chanterai votre gloire en présence des Anges, j’adorerai dans votre saint temple, je louerai votre nom.
J’exalterai votre miséricorde et votre vérité: oui; vous avez rendu magnifique plus que tout votre saint nom.
En quelque jour que je vous invoque, exaucez-moi; ainsi dilaterez-vous la vigueur de mon âme.
Soyez, Seigneur, célébré par tous les rois de la terre: toutes les paroles qu’ils entendirent de votre bouche, ils les ont vues réalisées.
Qu’ils chantent donc les voies du Seigneur ; car grande est la gloire du Seigneur.
Car le Seigneur, si haut qu’il soit, regarde les humbles; mais il ne connaît que de loin les superbes.
Si je marche au milieu de la tribulation, vous soutiendrez ma vie; ainsi contre la colère de mes ennemis avez-vous étendu votre droite; ainsi m’avez-vous sauvé.
Le Seigneur sera mon vengeur: Seigneur, votre miséricorde est à jamais; ne méprisez pas les œuvres de vos mains.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel;
Que luise pour eux la lumière sans fin.

ANT. Opera * manuum tuarum, Domine, ne despicias.

ANT. Seigneur, ne méprisez pas les oeuvres de vos mains.

Et voici que du ciel, en effet, nous arrive comme de la part des chères libérées une parole authentique de bonheur (5).

V). Audivi vocem de cœlo dicentem mihi.
R). Beati mortui qui in Domino moriuntur.

V). J’ai entendu une voix venant du ciel, qui me disait:
R). Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur.

Or toute cette admirable suite du drame liturgique ainsi déroulé sous nos yeux, qu’est-elle autre chose que la justification de la promesse du Sauveur (6), rappelée en l’Antienne qui suit  par l’Eglise?

ANTIENNE DE Magnificat

OMNE * quod dat mihi Pater, ad me veniet; et eum qui venit ad me, non ejiciam foras.

TOUT ce  que me  donne mon Père viendra a moi; et celui qui vient à moi, je ne le repousserai point dehors.

Mais comme toute grâce de Jésus nous vient en ce monde par Marie, par elle encore, au delà de cette vie mortelle, s’opère toute délivrance et s’obtient tout bienfait. Où que s’étende la rédemption du Fils, s’exerce l’empire de la Mère. Aussi les visions des Saints nous la montrent véritablement Reine au purgatoire; qu’elle s’y fasse représenter bénignement par les Anges de sa cour, ou daigne elle-même, pénétrant sous les sombres voûtes (7) comme l’aurore du jour éternel, y répandre abondante la rosée du matin. Est-ce que la neige du Liban, dit l’Esprit-Saint, manquera jamais à la pierre du désert? et qui donc en empêchera les fraîches eaux d’aller à la vallée (8)? Comprenons donc le chant du Magnificat à l’Office des défunts: il est l’hommage des âmes qui abordent les cieux; il est le doux espoir de celles qui demeurent encore au séjour d’expiation.

CANTIQUE DE MARIE.

MAGNIFICAT * anima mea Dominum.
Et exsultavit spiritus meus: * in Deo, salutari meo.
Quia respexit humilitatem ancillæ suæ: * ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.
Quia fecit mihi magna, qui potens est: * et sanctum nomen ejus.
Et misericordia ejus, a progenie in progenies: * timentibus eum.
Fecit potentiam in brachio suo: * dispersit superbos mente cordis sui.
Deposuit potentes de sede: * et exaltavit humiles.
Esurientes implevit bonis: * et divites dimisit inanes.
Suscepit Israël puerum suum: * recordatus misericordiæ suæ.
Sicut locutus est ad patres nostros: * Abraham, et semini ejus in sæcula.
Requiem æternam * dona eis, Domine.
Et lux perpetua * luceat eis..

MON âme glorifie le Seigneur; Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur:
Car il a regardé la bassesse de sa servante; et pour cela, toutes les nations m’appelleront Bienheureuse.
Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant et de qui le Nom est saint;
Et sa miséricorde s’étend de génération en génération, sur ceux qui le craignent.
Il a opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.
Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.
Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.
Il a reçu en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse
Qu’il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel;
Que luise pour eux la lumière sans fin.

ANT. Omne * quod dat mihi Pater, ad me veniet; et eum qui venit ad me, non ejiciam foras.

ANT. Tout ce que me donne mon Père viendra à moi; et celui qui vient à moi, je ne le repousserai point dehors.

Le Prêtre commence, toute l’assemblée à genoux, l’Oraison Dominicale:

PATER noster.

NOTRE Père.

Le reste se continue dans le silence, jusqu’à cette conclusion que suivent les Versets et l’Oraison terminant les Vêpres des morts:

V). Et ne nos inducas in tentationem:
R). Sed libera nos a malo.

V). Et ne nous laissez pas succombera la tentation.
R). Mais délivrez-nous du mal.

V). A porta inferi.
R). Erue, Domine, animas eorum.
V). Requiescant in pace.
R). Amen.
V). Domine, exaudi orationem meam.
R). Et clamor meus ad te veniat.

V). De la porte de l’enfer,
R). Seigneur, délivrez leurs âmes.
V). Qu’ils reposent en paix.
R). Amen.
V). Seigneur, exaucez ma prière;
R). Et que mon cri parvienne jusqu’à vous.

V). Dominus vobiscum.
R). Et sum spiritu tuo.

V). Le Seigneur soit avec vous.
R). Et avec votre esprit.

ORAISON.

FIDELIUM, Deus, omnium Conditor et Redemptor, animabus famulorum famularumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorum: ut indulgentiam, quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur: Qui vivis et regnas cum Deo Patre, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia sæcula sæculorum.
R). Amen.
V). Requiem æternam dona eis Domine.
R). Et lux perpetua luceat eis.
V). Requiescant in pace.
R). Amen.

O Dieu Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez la remise de tous leurs péchés aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes, afin que soit acquise à leurs pieuses supplications l’indulgence qu’ils ont toujours désirée. Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l’unité du Saint-Esprit, Dieu vous-même, durant tous les siècles des siècles.
R). Amen.
V). Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel;
R). Que luise pour eux la lumière sans fin.
V). Qu’ils reposent en paix.
R). Amen.

OFFRONS à Notre-Dame la supplique touchante que plusieurs Eglises lui adressèrent longtemps pour les morts Elle date du xive siècle; Jean IV de Langoueznou, Abbé de Landevenec, son auteur, en puisa l’inspiration dans sa tendre piété pour Marie.

PROSE.

LANGUENTIBUS in purgatorio,
Qui purgantur ardore nimio,
Et torquentur gravi supplicio,
Subveniat tua compassio:
O Maria!
Fons es patens qui culpas abluis,
Omnes juvas et nullum respuis:
Manum tuam extende mortuis,
Qui sub pœnis languent continuis:
O Maria!
Ad te pie suspirant mortui,
Cupientes de pœnis erui,
Et adesse tuo conspectui,
Æternisque gaudiid perfrui:
O Maria!
Gementibus Mater accelera,
Pietatis ostende viscera:
Illos Jesus per sua vulnera
Ut sanare dignetur impetra:
O Maria!
Tu vera spes ad te clamantium:
Ad te clamat turba sodalium,
Pro fratribus ut places Filium,
Et cœleste det eis præmium:
O Maria!
Fac lacrymæ quas bona respicis,
Quas fundimus ad pedes Judicis,
Mox exstinguant vim flammæ vindicis,
Ut jungantur choris angelicis:
O Maria!
Et cum fiet stricta discussio,
In tremendo Dei judicio,
Judicanti supplica Filio,
Ut cum Sanctis sit nobis portio:
O Maria!
Amen.

A CEUX qui souffrent en purgatoire, que purifie la flamme ardente et qui subissent tourments si durs: daigne votre compassion subvenir, ô Marie!
Fontaine ouverte à tous, où s’effacent les péchés, vous secourez chacun, n’éconduisez personne: vers les morts qui gémissent en leurs supplices sans trêve, étendez votre main, ô Marie!
Vers vous pieusement soupirent les trépassés, en leur désir de voir finir leurs maux, pour contempler vos traits si doux et goûter près de vous les joies éternelles, ô Marie!
Accourez, Mère, à leurs gémissements; ayez pour eux des entrailles de pitié: obtenez de Jésus que par ses blessures il daigne les guérir, ô Marie!
Vous êtes de ceux qui crient vers vous la véritable espérance: entendez les voix nombreuses qui vous supplient d’apaiser votre Fils, d’en obtenir la récompense céleste pour leurs amis et leurs frères, ô Marie!
Toute bonne, voyez aux pieds du Juge couler nos larmes: puissent-elles par vous bientôt éteindre l’ardeur de la flamme vengeresse qui les empêche de s’unir aux chœurs angélique, ô Marie!
Et lorsque se fera le sévère examen au terrible jugement de Dieu, implorez votre Fils qui sera notre Juge, pour qu’avec les Saints soit notre partage, ô Marie!
Amen.

CETTE journée est véritablement grande et belle. La terre, placée entre Je purgatoire et le ciel, a rapproché les deux. L’auguste mystère de la  communion des saints se révèle dans  son ampleur. L’immense famille des fils de Dieu nous apparaît, une par l’amour, distincte en ses trois états de félicité, d’épreuve, d’expiation purifiante: expiation qui, comme l’épreuve, n’aura qu’un temps; félicité qui durera toujours. C’est le digne couronnement des enseignements du Cycle entier. Chacun des jours de l’Octave qui va suivre accroîtra la lumière.

Cependant, toute âme se recueille à cette heure dans le culte des plus chers, des plus nobles souvenirs. En quittant la maison de Dieu, gardons pieusement à qui de droit notre pensée. C’est la fête de nos morts bien-aimés. Prêtons l’oreille à leur voix qui, de clochers en clochers, par tout le monde chrétien, se fait si suppliante et si douce aux premières heures de cette nuit de novembre. Ce soir ou demain, nous leur devons la visite de la tombe où reposent dans la paix leurs restes mortels. Prions pour eux; et aussi, prions-les: ne craignons pas de leur parler toujours des intérêts qui leur furent chers devant Dieu. Car Dieu les aime, et par une sorte de satisfaction donnée à sa bonté, les écoute d’autant mieux pour autrui, que sa justice les maintient dans un état d’impuissance plus absolue en ce qui les concerne.

 

_______

(1) Canon Missae.
(2) Sap. IX, 15.
(3) Psalm. LXXXIV, 11.
(4) JOHAN. V.
(5) Apoc. XIV, 13.
(6) Johan. VI, 37.
(7) Eccli. XXIV, 8.
(8) Jerem. XVIII. 14.

Cfr. P. GUÉRANGER, L’Année liturgique, VI. Le temps apres la Pentecôte, 6. Prope des Saints du Ier au XXX Novembre. La Toussaint. Les Morts. La Dedicace9, Tours, Mame, 1922, pp. 104-120.

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Ognissanti 2017

1° Novembre. Festa di tutti i Santi

1° Novembre. Calende.

Mercoledì. FESTA DI TUTTI I SANTI, doppio di 1ª classe con Ottava comune.

Hymnus * ómnibus Sanctis ejus : fíliis Israël, pópulo appropinquánti sibi : glória hæc est ómnibus Sanctis ejus.

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Ravenna, Messa pontificale in rito tridentino alla basilica di S. Apollinare in Classe

Basilica di S. Apollinare in Classe, Ravenna

Il 28 ottobre 2017 alle 11 alla basilica di S. Apollinare in Classe presso Ravenna una Messa in rito tridentino sarà cantata dal card. Raymond Leo Burke. Il servizio liturgico sarà a cura dell’Istituto di Cristo Re Sommo Sacerdote.

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Messa in suffragio per i caduti della battaglia di Mentana e le vittime della caserma Serristori

Caserma Serristori a Roma dopo l'attentato del 22 ottobre 1867

Il 4 novembre 2017 alle 11 a Padova nella chiesa di S. Canziano (Via omonima presso Piazza delle Erbe) Messa di requiem in rito tridentino in suffragio dei caduti della battaglia di Mentana (3 novembre 1867) e dei militari e civili vittime dell’attentato alla caserma Serristori degli zuavi pontifici nel rione Borgo a Roma (22 ottobre 1867).

Motivo di preghiera e di riflessione il 150° anniversario di questi eventi.

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Napoli, pontificale di mons. Pozzo per il decennale del Motu proprio Summorum Pontificum

Napoli, 21 ottobre 2017

Sabato 21 ottobre 2017 a Napoli alla basilica di S. Paolo Maggiore dei Padri Teatini (Piazza San Gaetano) alle 17:30, Messa pontificale al faldistorio in rito tridentino celebrata da mons. Guido Pozzo, segretario della Pontificia Commissione Ecclesia Dei. Il servizio dell’altare sarà reso dall’Istituto del Buon Pastore (Italia), il canto sarà eseguito dalla corale Soli Deo Gloria, all’organo il m° Antonio Stefano Sembiante.

Alle 19 nella sagrestia monumentale della Basilica conferenza di don Nicola Bux, dal titolo «Riflessioni nel decennale del Motu proprio Summorum Pontificum» con interventi di mons. Pozzo, del prof. Guido Vignelli e di don Giorgio Lenzi ibp.

L’iniziativa è stata promossa dalla Sezione di Napoli di Una Voce Italia, l’associazione Fraternità Cattolica, il Coetus Fidelium Quartiere Chiaia, il Coetus San Gaetano & Sant’Andrea Avellino, l’Istituto del Buon Pastore, e si inserisce nell’ambito dei festeggiamenti per il decennale del Motu proprio Summorum Pontificum.

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