dom Prosper Guéranger, Le XXV Novembre. Sainte Catherine, Vierge et Martyre.

Gertrude la Grande avait eu dès l’enfance un attrait spécial pour la glorieuse vierge Catherine; un jour qu’elle désirait connaître ses mérites, le Seigneur la lui montra sur un trône si haut et si magnifique, que, n’y eût-il pas eu de plus grande reine dans le ciel, la gloire de celle-ci aurait semblé suffire à le remplir; de sa couronne rejaillissait sur ceux qui l’honoraient une merveilleuse splendeur1. On sait comment la Pucelle d’Orléans, placée par Michel Archange sous la conduite des saintes Catherine et Marguerite, reçut d’elles conseil et assistance durant sept années; comment Sainte-Catherine-de-Fierbois fournit l’épée de la libératrice de la France.

Les croisés d’Occident avaient, dans les xiie et xiiie siècles, éprouvé l’aide puissante de la Martyre d’Alexandrie; ils rapportèrent d’Orient son culte en nos contrées, où lui fut vite acquise une popularité sans pareille. Un Ordre de chevalerie était fondé pour protéger les pèlerins qui allaient vénérer son saint corps au Mont Sinaï. Sa fête, élevée à la dignité de la première classe, comportait

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1 Legatus divinae pietatis, IV, lvii.

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l’abstention des œuvres serviles en beaucoup d’églises. Les philosophes chrétiens, les écoliers, les orateurs et procureurs l’honoraient comme patronne ; le doyen des avocats fut appelé bâtonnier en raison du privilège qui lui appartenait de porter sa bannière ; tandis que les jeunes filles, organisées en confréries de Sainte-Catherine, estimaient à grand honneur le soin d’orner l’image de leur Sainte vénérée. Comptée parmi les Saints auxiliateurs à titre de sage conseillère, elle voyait beaucoup d’autres corporations se réclamer d’elle, sans autre motif plausible que l’expérience faite par tous de son crédit universel auprès du Seigneur. Ses fiançailles avec le divin Enfant, d’autres traits de sa Légende, fournirent à l’art chrétien d’admirables inspirations.

Cependant le sage et pieux Baronius regrettait déjà de son temps que, sur quelques points, les Actes de la grande Martyre d’Orient donnassent prise aux doutes dont devait s’emparer la critique outrée des siècles suivants pour amoindrir la con fiance des peuples1. Au grand honneur de la virginité chrétienne,il n’en reste pas moins qu’acclamée par élèves et maîtres en la personne de Catherine, elle présida dans la vénération et l’amour au développement de l’esprit humain et de la pensée, durant ces siècles où resplendirent comme des soleils les Albert le Grand, les Thomas d’Aquin, les Bonaventure. Heureux les purs de cœur! car ils verront Dieu2. «Il faut, disait Méthodius, l’évê-

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1 Baron. Annal. ad ann. 307. —  2 Matth. v, 8.

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que martyr du iiie siècle, en son Banquet des vierges, il faut que la vierge aime d’amour les saines doctrines, et qu’elle tienne une place honorable parmi ceux que distingue leur sagesse1».

Lisons la Légende abrégée de Catherine dans le livre de la sainte Eglise.

Catharina, nobilis virgo Alexandrina, a prima ætate stúdia liberalium artium cum fidei ardore conjungens, brevi ad eam sanctitatis et doctrinæ perfectionem pervenit, ut, decem et octo annos nata, eruditissimum quemque superaret. Quæ cum Maximini jussu multos, propter christianæ religionis professionem varie tormentis cruciatos, ad supplicium rapi videret, non dubitanter ipsum adiit Maximinum, eique nefariam immanitatem objiciens, sapientissimis rationibus Christi fidem ad salutem necessariam esse affirmavit. Catherine, noble vierge d’Alexandrie, unit des le premier âge l’étude des arts libéraux et l’ardeur de la foi. Telle fut bientôt la perfection de sa science comme de sa sainteté, qu’à dix-huit ans elle l’emportait sur les plus instruits. Or, en ce temps, beaucoup de chrétiens étaient par ordre de Maximin soumis pour leur religion à divers tourments et conduits à la mort ; ce que voyant, la vierge alla trouver sans hésiter Maximin lui-même, lui reprocha ses cruautés impies, et démontra par de très sages raisons que la foi dans le Christ était nécessaire au salut.

Cujus prudentiam Maximinus admiratus, retineri eam jubet, accersitis undique doctíssimis hominibus, magnisque propositis præ- Maximin, admirant sa prudence, la fit retenir; et mandant de tous côtés les plus savants personnages, il promit de grandes récompenses à quiconque par rai-

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1 Method. Conviv. Oratio I, 1.

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miis, qui convictam Catharinam a Christi fide ad idolorum cultum perduxissent. Quod contra accidit. Nam plures philosophi, qui ad eam coarguendam convenerant, vi ac subtilitate ejus disputationis tanto Jesu Christi amore sunt incensi, ut pro illo mori non dubitaverint. Quam ob rem Maximinus blanditiis ac promissis Catharinam de sententia deducere aggreditur; verum, id frustra fieri intelligens, verberibus affectam plumbatisque contusam, dies undecim sine cibo ac potu inclusam tenet in carcere. sonnement détournerait Catherine de la foi au Christ et l’amènerait au culte des idoles. Mais ce fut le contraire qui arriva. Car beaucoup de’ philosophes, qui s’étaient rassemblés dans le but de la convaincre, furent parla force et l’habileté de son argumentation embrasés  d’un  si grand amour de Jésus-Christ, qu’ils n’hésitèrent pas à mourir pour lui. Maximin donc, ayant essayé des flatteries et des promesses près de Catherine, et comprenant qu’il perdait sa peine, la fit battre et meurtrir avec des fouets garnis de plomb, puis enfermer onze jours en prison sans nourriture ni rien pour apaiser sa soif.

Quo tempore Maximíni uxor et Porphyrius belli dux, visendæ Virginis causa carcerem ingressi, et ejusdem prædicatione in Jesum Christum credentes, póstea martyrio coronati sunt. Interim Catharina educitur e custodia; et rota expedítur, crebris et acutis præfixa gladiis, ut Vírginis corpus crudelíssime dilaceraretur. Quæ machina, brevi Catharinæ oratione, confracta est; eoque miraculo multi Christi fidem sus- La femme de Maximin et Porphyre, chef de la milice, étant alors venus voir la vierge en sa prison, furent convertis par ses paroles à Jésus-Christ, et ensuite couronnés du martyre. Cependant Catherine est tirée du cachot: on produit une roue garnie de glaives nombreux et acérés  qui doit mettre en pièces  cruellement le corps de la vierge;  mais bientôt, Catherine priant, la roue se brise, et le prodige amène à la foi beaucoup de monde. Pour Maximin, plus obstiné toujours dans l’impiété et

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ceperunt. Ipse Maximinus, in impietate et crudelitate obstinatior, Catharinam securi percuti imperat. Quæ, fortiter dato capite, ad duplicatum virginitatis et martyrii præmium evolavit septimo Kalendas Decembris; cujus corpus ab Angelis in Sina, Arabiæ monte, mirabiliter collocatum est. dans la cruauté, il commande de frapper Catherine de la hache. Ce fut le sept des calendes de décembre que la Sainte, présentant courageusement la tête au bourreau, s’envola pour recevoir la double récompense de la virginité et du martyre. Les Anges transportèrent miraculeusement son corps en Arabie et le déposèrent au Mont Sinaï.

Nombreuses furent les compositions liturgiques inspirées à l’Occident par la fête de ce jour. Nous nous bornons à emprunter celle-ci au Graduel de Saint-Victor, en la faisant suivre d’un beau et touchant Répons conservé par les Frères Prêcheurs1.

SÉQUENCE.

Vox sonora nostri chori
Nostro sonet Conditori,
Qui disponit omnia,
Per quem dimicat imbellis
De viris victoria;
Que notre chœur harmonieusement chante le Créateur, par qui toutes choses sont disposées: par lui combat celui qui ignorait la guerre, par lui sur l’homme à des jeunes filles la victoire est donnée.

Per quem plebs Alexandrina
Feminæ non feminina,
Stupuit ingenia.
Quum beata Catharina
Par lui les habitants d’Alexandrie sont stupéfaits de voir en une femme des qualités qui semblaient n’être pas de la femme, lorsque Cathe-

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1 Troisième Répons du IIe Nocturne de la fête.

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Doctos vinceret doctrina,
Ferrum patientia.
rine la bienheureuse triomphe des docteurs par sa science, du fer par son courage à souffrir.

Hæc ad gloriam parentum
Pulchrum dedit ornamentum
Morum privilegia,
Clara per progenitores,
Claruit per sacros mores
Ampliori gratia.
A la gloire de sa race sa vertu sans pareille ajoute un éclat nouveau; illustre par ceux qui la mirent au monde, illustre elle est plus encore par les mœurs saintes dont fa grâce l’a favorisée.

Florem teneri decoris,
Lectionis et laboris
Attrivere studia:
Nam perlegit disciplinas
Sæculares et divinas
In adolescentia.
Tendre est la fleur de sa beauté; point cependant elle ne lui épargne étude et labeur: de toutes  sciences, qu’elles aient le monde ou Dieu pour objet, sa jeunesse s’est rendue maîtresse.

Vas electum, vas virtutum,
Reputavit sicut lutum
Bona transitoria,
Et reduxit in contemptum
Patris opes et parentum
Larga patrimonia.
Vase de choix, vase des vertus, les biens qui passent ne sont pour elle que de la boue; elle méprise la fortune de son père et les grands patrimoines que lui vaut sa naissance.

Vasis oleum includens,
Virgo sapiens et prudens
Sponso pergit obvia,Ut, adventus ejus hora,Præparata, sine moraIntret ad convivia.
Vierge prudente et sage, elle se fait sa réserve d’huile pour aller au-devant de l’Epoux: elle veut, toute prête à l’heure qu’il arrivera, entrer sans retard au festin.

Sistitur imperatori,
Cupiens pro Christo mori;
Cujus in præsentia
Pour le Christ elle désire mourir; devant l’empereur à qui elle est présentée, l’éloquence de la vierge réduit

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Quinquaginta sapientes
Mutos reddit et silentes
Virginis facundia.
cinquante philosophes au silence.

Carceris horrendi clustrum,
Et rotarum triste plaustrum,
Famem et jejunia,
Et quæcumque fiunt ei,
Sustinet amore Dei,
Eadem ad omnia.
L’horreur de la prison où on l’enferme, et l’épreuve des roues menaçantes, la faim, les privations, tout ce qu’elle doit subir, elle le supporte pour l’amour de Dieu, toujours la même en toute rencontre.

Torta superat tortorem,
Superat imperatorem
Feminæ constantia:
Cruciatur imperator
Quia cedit cruciator,
Nec valent supplicia.
Torturée, elle triomphe du bourreau; la constance d’une femme a triomphé d’un empereur: c’est lui qui est dans les tourments, parce que le bourreau s’avoue vaincu avec ses supplices impuissants.

Tandem capite punitur
Et, dum morte mors finitur,
Vitæ subit gaudia.
Angeli mox fuit curæ
Dare corpus sepolturæ
Terra procul alia.
Elle est enfin décapitée; la mort pour elle au trépas a pris fin; elle fait joyeuse son entrée dans la vie: ce pendant que les Anges prennent soin d’ensevelir son corps en une terre lointaine.

Oleum ex ipsa manat
Quod infirmos multos sanat
Evidenti gratia.
Bonum nobis dat unguentum,
Si per suum interventum
Nostra sanet vitia.
Une huile en découle qui, par une grâce évidente, guérit beaucoup de malades; bonne pour nous sera l’essence, si son intervention guérit nos vices.

Gaudens ipsa videat
De se præsens gaudia,
Présente à nous, qu’elle se réjouisse en voyant les

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Et futura præbeat,
Quæ dedit præsentia,
Et hic nobis gaudeat,
Illi nos in gloria.
joies qu’elle nous cause; que nous donnant les présentes joies, elle nous procure aussi les futures; qu’elle se réjouisse avec nous ici-bas, et nous avec elle dans la gloire.

Amen. Amen.

RÉPONS.

Virgo flagellatur, crucianda fame religatur, carcere clausa manet, lux cœlica fusa refulget: * Fragrat odor dulcis, cantant cœli agmina laudes. La vierge est flagellée, chargée de liens elle est soumise au tourment de la faim, elle demeure emprisonnée, une lumière céleste emplit la prison de splendeur: * Un doux parfum se fait sentir, on entend les cantiques des phalanges des cieux.

V). Sponsus amat sponsam, Salvator visitat illam.
* Fragrat.
Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
* Fragrat.
V). L’Epoux aime l’Epouse, elle reçoit la visite du Sauveur.
* Un doux parfum.
Gloire au Père, et au Fils,  et au Saint-Esprit.
* Un doux parfum.

Bienheureuse Catherine, recevez-nous à votre école. Par vous la philosophie, justifiant son beau nom, conduit à la Sagesse éternelle, le vrai au bien, toute science au Christ, qui est la voie, la vérité, la vie1 «Curieux qui vous repaissez d’une spéculation stérile et oisive, s’écrie le plus éloquent de vos panégyristes, sachez que cette vive lumière qui vous charme dans la science, ne

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1 Johan. xiv, 6.

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lui est pas donnée seulement pour réjouir votre vue, mais pour conduire vos pas et régler vos volontés. Esprits vains, qui faites trophée de votre doctrine avec tant de pompe, pour attirer des louanges, sachez que ce talent glorieux ne vous a pas été confié pour vous faire valoir vous-mêmes, mais pour faire triompher la vérité. Ames lâches et intéressées, qui n’employez la science que pour gagner les biens de la terre, méditez sérieusement qu’un trésor si divin n’est pas fait pour cet indigne trafic; et que s’il entre dans le commerce, c’est d’une manière plus haute, et pour une fin plus sublime, c’est-à-dire, pour négocier le salut des âmes1».

Ainsi, ô Catherine, n’employez-vous votre science que pour la vérité. Vous faites «paraître Jésus-Christ avec tant d’éclat que les erreurs que soutenait la philosophie sont dissipées par sa présence; et les vérités qu’elle avait enlevées viennent se rendre à lui comme à leur maître, ou plutôt se réunir en lui comme en leur centre. Apprenons d’un si saint exemple à rendre témoignage à la vérité, à la faire triompher du monde, à faire servir toutes nos lumières à un si juste devoir, qu’elle nous impose. O sainte vérité! je vous dois le témoignage de ma parole; je vous dois le témoignage de ma vie; je vous dois le témoignage de mon sang: car la vérité, c’est Dieu même2».

L’Eglise, ô vierge magnanime, n’a pas

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1 Bossuet, Panégyrique de sainte Catherine. — 2 Ibid.

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d’autre pensée quand aujourd’hui elle formule ainsi pour nous sa prière: «O Dieu qui donnâtes la loi à Moïse sur le sommet du Mont Sinaï, et au même lieu par les saints Anges avez miraculeusement placé le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine; exaucez nos supplications: faites que par ses mérites et son intercession nous parvenions à la montagne qui est le Christ, vivant et régnant avec vous dans les siècles des siècles1».

1 Collecte du jour.

 

Cfr. P. Guéranger, L’Année liturgique, – VI. Les temps après la Pentecôte, 6. Prope des Saints du Ier au XXX Novembre. La Toussaint – Les Morts – La Dédicace9, Tours, Mame, 1922, pp. 490-499.

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In memoriam. Comm. Marco Crisconio

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Il 12 novembre 2022 è mancato a Napoli il Comm. Marco Crisconio, presidente della locale Sezione di Una Voce Italia.

L’Associazione rimpiange un sincero combattente della santa battaglia e presenta agli amici e congiunti il proprio cordoglio.

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Guillelmi Duranti, De vesperis

1. In hora vespertina significat Ecclesia primum adventum Domini qui fuit vergente vespere mundi, in ultima etate; de quo psallens reddit gratias Deo, iuxta illud Apostoli: Nos sumus in quos fines seculi devenerunt. Preterea, Christus in vespera de cruce depositus fuit. Eadem quoque hora, in cena sacramentum corporis et sanguinis instituit, pedes discipulorum lavit, discipulis euntibus in Emmaus in habitu peregrini in fractione panis se manifestavit. Merito ergo Ecclesia in hac hora gratias agit. Est autem duplex mundi vespera, prout in sexta parte sub Epiphania dicetur.

2. Sane, sicut ait Sicardus episcopus Cremonensis, in Mitrali, officium diei sequentis incipit in vesperis, quia vespertina sinaxis, id est hora, primum est officium, secundum Esdre consuetudinem in quaternario numero, prout dictum est in prohemio huius partis. Unde vespertinum officium a vespera stella nominatur que in principio noctis oritur. Preterea, licet ab initio mundi dies precederet noctem, in nocte tamen dominice resurrectionis nox cepit precedere diem, ut dicetur in sexta parte sub Sabbato sancto, in principio.

3. Dicit autem Ecclesia in hac hora quinque psalmos. Primo, propter quinque Christi vulnera qui pro nobis obtulit sacrificium in vespera mundi. Secundo, ad correctionem, ut videlicet defleamus et petamus veniam peccatorum que in die per quinque sen­sus corporis committuntur et ad nos intrant, iuxta illud Ieremie: Mors intravit per fenestras nostras. Quis enim est qui visu non concipiat? Tertio, per ipsos quinque psalmos munit se Ecclesia contra nocturnales tribulationes. Hec enim hora insinuat fletum eorum quibus occidit sol iustitie, et ita sunt in vespere, de quo dictum est: Ad vesperum demorabitur fletus,
qui durabit usque ad matutinum, id est quousque sol fidelibus oriatur qui occiderat peccatoribus, secundum quod sequitur: Et ad matutinum letitia. Et propter easdem etiam causas pectus quinque digitis tundimus. Rursus, seculares dicunt quinque psalmos, religiosi vero quatuor, propter rationem tactam in sexta parte sub titulo De Adventu.

 

Cfr. G. Duranti, Rationale divinorum officiorum V 9, 1-3, A. Davril o.s.b. et T.M. Thibodeau edd., Turnholti, Brepols, 1978, pp. 105-106.

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Neri Capponi, Il “punto d’innesto” e la Liturgia

Facendo riferimento all’editoriale «Per una riforma della Liturgia», a suo tempo pubblicato nel bollettino nazionale di Una Voce1, e alla prospettiva in esso affacciata di una «riforma delle riforme li­turgiche», vorrei aggiungere le seguenti osservazioni.

E’ da mettere in chiaro innanzi tutto che un’eventuale «riforma delle rifor­me» dovrà restituire ai testi del messa­le, del rituale e del pontificale nonché al modo di celebrare la messa e di ammini­strare i sacramenti quella pienezza e chia­rezza teologica che oggi è spesso caren­te. La riforma, infatti, fu basata sia sulla manìa archeologica per i riti dei primi secoli, prima, cioè, che in Occidente fos­sero arricchiti da elementi germanici e celtici nonché dal successivo approfondimento del dogma, sia su di un falso ecu­menismo il quale tende a raggiungere una «unione» a tutti i costi col mondo pro­testante: ne è risultato, pertanto, un rito povero, spesso equivoco, ed un modo di celebrarlo che si ispira alla Riforma.

Poche furono le concessioni al mondo orientale, se non nella speciale, precisa invocazione allo Spirito Santo introdotta nei nuovi canoni e, forse, nell’uso di ricevere la comunione in piedi. La questio­ne della lingua liturgica fu risolta, in ap­parenza, sia accostandosi alla tradizione orientale sia a quella protestante, poiché ambedue privilegiano l’uso delle lingue nazionali. A ben vedere, però, è stato lo spirito protestante a prevalere poiché in Oriente non è la lingua nazionale parlata che viene privilegiata nella liturgia ma la lingua nazionale nella sua forma arcaica od aulica intesa come lingua sacra: nella riforma liturgica invece il problema della lingua: è stato visto nell’ottica individua­listica, antisacrale e livellatrice del prote­stantesimo, ispirandosi inoltre al dogma illuminista [13|14] della necessità della compren­sione razionale di tutte le cose, persino di quelle che di per sé superano la ragio­ne ma che se non rientrano in categorie razionali, limitative e pedisseque, per lo spirito illuminista neanche esistono!

Ciò detto non penso che la riforma po­trà consistere in un ritorno puro e semplice alla liturgia cosiddetta «tridentina», che per ragioni religioso-culturali è bene che rimanga così come è con piena cit­tadinanza accanto agli altri riti della Chie­sa Cattolica, ma dovrà, sulla base, anzi­tutto, di un completo e corretto messag­gio teologico, tenere conto di alcuni dati scritturistici, storici e teologici.

Va anzitutto considerato il dato stori­co-teologico che proviene dalla lettera ai Romani di San Paolo (Romani 11, 16-27) ove l’Apostolo parla dell’innesto sul vec­chio tronco dell’ebraismo dell’olivastro dei gentili, il quale continuerà a fiorire fino alla fine dei tempi quando (essendosi seccato l’albero innestato a causa della grande apostasia di cui parla Paolo nella seconda lettera ai Tessalonicesi, 2, 3) verrà reinnestato sul tronco il vecchio al­bero d’Israele rinverdito per la sua con­versione, come nazione, al Cristianesimo: dalla conversione di Israele conseguirà, poi, la riconversione dei gentili.

Da questo dato biblico si rileva l’im­portanza del «punto d’innesto» finché dura l’adesione dei gentili al Cristianesi­mo, «punto d’innesto» che storicamente si identifica con la civiltà greco-latina, cioè col mondo romano. Consegue da ciò l’im­portanza che la tradizione romana (iden­tificata con la tradizione greco-latina) ha per il Cristianesimo incarnatosi nel mon­do, almeno finché durerà l’adesione dei gentili. In campo liturgico il «punto di innesto» si identifica con i riti cristiani sorti durante i primi secoli, nella parte occidentale dell’impero, sul fondamento della latinità influenzata dalla tradizione greca e nella parte orientale sull’ellenismo a sua volta permeato di elementi latini.

Con le cosiddette invasioni barbariche sorge in Occidente una nuova civiltà romano-germanica con forti apporti dal mondo celtico la quale costituisce la base prossima della cosiddetta civiltà occiden­tale, oggi comprendente l’Europa occidentale, Americhe, il Sud-Africa, l’Au­stralia e la Nuova Zelanda. Tornando alla liturgia si può dire, ad esempio, che la messa cosiddetta «tridentina» è non solo il frutto dell’approfondmiento del dogma in materia di presenza reale, di sacrificio propiziatorio e di sacerdozio mi­nisteriale, ma anche il più bel frutto cul­turale della tradizione romano-germanica­ celtica, frutto venuto ad iniziale matura­zione per opera di Alcuino e poi degli Ot­toni, fra il nono e l’undicesimo secolo, e successivamente sviluppatosi attraverso il basso Medioevo fino a Pio V che lo cristallizzò definitivamente: con questa messa e con tutti i riti occidentali è inti­mamente connessa la lingua latina come lingua sacra della liturgia romano-germa­nica od occidentale.

Se per l’Occidente, in nome non solo della sua continuità culturale, la «rifor­ma delle riforme» non dovrà troppo di­scostarsi dal modello «tridentino», ov­verosia dalla liturgia precedente il 1965, e la lingua dovrà essere, almeno prevalentemente e in linea di principio quella la­tina (o comunque, in via subordinata, una lingua nazionale in versione aulica e per­ciò culturalmente valida), altro discorso deve farsi per le antiche civiltà dell’Asia e del Nord Africa nonché per l’Africa ne­ra, la Papuasia e l’Oceania ove, salvo il «punto d’innesto» dei gentili (cioè, in campo liturgico, i riti sorti nei primi se­coli nell’ambito dell’impero romano), lo ulteriore innesto dovrà farsi, nel rispetto della tradizione teologica, con le singole tradizioni o culture: eliminando perciò [14|15] completamente gli apporti germano-celti­ci nella liturgia i quali sono peculiari alla civiltà occidentale e non sono diretta­mente connessi col «punto d’innesto» dei gentili sull’albero dell’ebraismo. L’appor­to delle singole tradizioni pagane potrà riflettersi nei colori liturgici, nella musi­ca sacra, nei gesti, nei segni, nel calen­dario, nei riti aggiuntivi, nonché nella lingua che dovrà essere quella sacra del­le singole civiltà o culture: l’unico punto fermo, ciò che nasce dall’antichità greco-romana e dalla radice ebraica ridotto al­l’essenziale.

Si avrà allora un fenomeno simile a quello avvenuto in Occidente fra i se­coli nono ed undecimo ed in Oriente con le influenze semitiche, persiane, ar­mene ed infine slave sulla originaria li­turgia del mondo ellenistico-romano, e ciò su scala mondiale. Già i gesuiti del XVII secolo lo intuirono proponendo i cosiddetti riti cinesi, ma forse una delle ragioni del fallimento di quella iniziativa missionaria fu dovuto al fatto che i suoi autori la vedevano in un’ottica puramente pragmatica senza approfondirne i ri­svolti storico-biblici e senza la conoscenza che abbiamo oggi della storia della li­turgia.

Stiamo oggi assistendo ad un tentativo assai simile a quello dei gesuiti seicenteschi; tentativo però attuato sulla base di riti dogmaticamente carenti e senza che ci sia alcun discernimento su ciò che nel­le singole tradizioni pagane è compatibi­le o incompatibile con il messaggio cri­stiano: in altre parole si sta assistendo ad un processo di inculturazione selvaggia della liturgia che è estremamente perico­loso e che potrebbe essere evitato se alla base di tutto figurasse una saggia «rifor­ma delle riforme», una conoscenza teo­logica, una coscienza storica, nonché una genuina e profonda conoscenza delle sin­gole tradizioni pagane.

Neri Capponi

Firenze, 6 febbraio 1988, festa di San Paolo Miki e Compagni, primi martiri giapponesi.

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1 Cfr. Una Voce – Notiziario n. 79-80, gennaio-giugno 1987, pp. 1-3.

Cfr. «Una Voce Notiziario», 83-84, 1988, pp. 13-15.

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Morti 2022


Réquiem ætérnam dona eis Dómine : et lux perpétua lúceat eis. Ps. 64, 2-3. Te decet hymnus Deus in Sion; et tibi reddétur votum in Jerúsalem : exáudi oratiónem meam;
ad te omnis caro véniet. Réquiem.

2 Novembre. Quarto delle None.

Mercoledì. Commemorazione di tutti i fedeli defunti
Doppio. Paramenti neri. Messa «Requiem».

Recordáre, Jesu pie,
Quod sum causa tuæ viæ :
Ne me perdas illa die.

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Ognissanti 2022

1° Novembre. Festa di tutti i Santi

1° Novembre. Calende.

Martedì. FESTA DI TUTTI I SANTI, doppio di 1ª classe con Ottava comune.

Hymnus * ómnibus Sanctis ejus : fíliis Israël, pópulo appropinquánti sibi : glória hæc est ómnibus Sanctis ejus.

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NOTITIAE Cani in chiesa

La scorsa estate si sono verificati in Italia casi di abusi liturgici particolarmente eclatanti, al punto da suscitare proteste e scandalo nella parte più sana dell’opinione pubblica, e attirare l’attenzione dei media.

Ci riferiamo alla messa detta in mare, su di un materassino di gomma adattato ad «altare», da un prete ambrosiano in costume da bagno: le immagini sono girate sul web provocando reazioni in tutto il mondo -, e per quanto avvenuto finalmente è stata aperta un’inchiesta dall’autorità giudiziaria.

Anche peggio la messa di un prete-ciclista della diocesi di Brescia, che ha avuto il coraggio di celebrare a fantasia, in mudande con sopra la stola arcobaleno, su di uno squallido tavolo, peraltro non così dissimile da quelli che si vedono collocati davanti agli altari maggiori delle chiese, solo che senza tovaglie. Davanti a una – è il caso di dirlo – marea montante di proteste, i vescovi diocesani di entrambi i celebranti li hanno redarguiti pubblicamente.

Inoltre è stata diffusa sul web una immagine che ritrae il rev. Andrea De Foglio – oggi viceparroco alla chiesa di S. Rocco in Avezzano (L’Aquila) dopo aver ricoperto e lasciato diversi incarichi nella diocesi dei Marsi – in sagrestia parato per celebrare, in compagnia di tre chierici o ministranti in camice di terital con zip e di un cane, sembra un border collie, rivestito dello stesso tipo di camice.

Nel 1989 il bollettino di Una Voce pubblicava una nota dal titolo per l’appunto «Cani in chiesa», dedicata alle liturgie per cani e altri animali non umani di un allora discusso parroco romano. Ne riportiamo il testo:

Trattati spesso come cani, i tradizionalisti possono ora invocare a proprio favore l’esempio del parroco della chiesa romana di S. Giovanni dei Fiorentini che ai cani, quelli a quattro zampe (e ai gatti, ai canarini, alle tartarughe, ecc.), ha aperto le porte della chiesa, celebrando per loro almeno una volta all’anno una speciale «Liturgia». L’iniziativa ha suscitato poche critiche e molti consensi.

Le liturgie per cani? Può essere un’idea, equità vuole però che la si applichi anche a quei «cani» dei fedeli tradizionalisti! («Una Voce Notiziario», 90, 1989, p. 13).

Davanti all’immagine del cane in camice, a quelle delle due messe sopra menzionate e di tante altre, qualcuno potrebbe pensare a una «liturgia da cani», più che «per cani». Va detto comunque che i cani a quattro zampe non sono responsabili delle azioni dei propri padroni e dei di loro parroci o viceparroci.

Quanto ai «cani-tradizionalisti», inteso nel senso dei cristiani che chiedono la liturgia romana tradizionale, anche se la situazione non è oggi la stessa del 1989, continuano a esistere, anzi hanno rialzato la testa coloro che non vogliono farli entrare in chiesa.

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Carlo Fabrizio Carli, Musica e architettura

La nostra cultura è largamente influenzata da un razionalismo illuministico che inesorabilmente ci separa e ci allontana dalla possibilità di comprendere manifestazioni culturali, fondate su presupposti differenti dagli odierni, frutto di una cultura tradizionalmente orientata che pure è parte integrante ed essenziale del nostro essere attuale.

Siamo così divenuti quasi incapaci di scorgere e decifrare il messaggio profondo contenuto e celato, sotto forma di simboli, in tante opere del passato. Tutto ciò è mostrato nel breve ma denso articolo che qui si presenta – ripreso dal Bollettino Ceciliano, 1, gennaio 1977 – in cui C. F. Carli ripercorre le tappe fondamentali che hanno permesso al musicologo M. Schneider di interpretare il significato della decorazione architettonica di alcuni chiostri catalani del XII sec. e, al di là di questa scoperta che pure ha per noi dello stupefacente, di illuminare il rapporto profondo che collegava in armonica unità architettura, musica e parola nell’opera di artisti che, con scienza antica, sapevano letteralmente far parlare e cantare le pietre.

* * *

La musica si svolge nel tempo, l’architettura occupa lo spazio; l’una è affidata all’entità immateriale dell’onda sonora, l’altra è fondata sulla saldezza tangibile e tetragona della pietra; una vive la sua vita effimera e sempre rinnovellata, incapace a sostenere il più esiguo impaccio della materialità, l’altra sfida lo scorrere di secoli e millenni con le vestigia più imponenti e durature che l’uomo imprima nel cammino della sua storia.

Tanti e così marcati elementi di diversità, da far sospettare tra musica e architettura divorzio e lontananza irrevocabili, eppure, pur che di tali aporie si sappia superare il primo impatto superficiale, – come venne indagato e messo in luce fin da una remota antichità – tali da non escludere analogie e relazioni oltremodo significative, riassunte nella celeberrima espressione del teorico del neoclassicismo, Johann Joachim Winckelmann, che scorgeva nell’architettura, e più esattamente nell’architettura greca, della «musica pietrificata» o «congelata».

C’è innanzitutto un comune supporto numerico, una comune matematica capacità ordinatrice che non sfuggì certo ai Pitagorici che, tuttavia, non ci trasmisero la chiave di decifrazione del segreto; c’è soprattutto il comune denominatore comune dell’afiguratività che sottrae entrambe le arti al rischio della figurazione naturalistica che soffoca nel sostanziale materialismo della rappresentazione veristica la pregnanza metafisica del simbolo’.

E viene spontaneo ricordare come, agli inizi del secolo, quando i padri dell’astrattismo, Wassili Kandinsky, Malevic, Mondrian, si impegnarono nel proposito, condotto con indubbia sincerità e coraggio che non escludevano certamente incompletezza ed incoerenza, di liberare il panorama artistico dell’eredità paralizzante del naturalismo ottocentesco – ed erano quei pionieri non soltanto remotissimi dalle facili truffe degli innumerevoli epigoni, ma davvero ispirati da un anelito religioso alla purezza, come ha dimostrato Carlo Belli in quel suo precorritore ed ancor oggi fondamentale saggio «Kn» – essi non si stancavano di chiamare in soccorso dei loro tentativi rivoluzionari e «scandalosi» la comune natura della musica e dell’architettura, quale prova e testimonianza di un’espressione artistica capace di mantenersi indipendente dal panorama fenomenico ma che invece attingesse alla realtà interiore. Come anche è tutt’altro che un caso che quei pittori trovassero una prima comprensione e difesa presso i giovani architetti e musicisti, anch’essi volti alla ricerca nel nuovo di un’antica purezza.

Le analogie e le relazioni proseguono.

«Ricerche matematiche hanno dimostrato che gli intervalli della gamma dorica trovano un corrispettivo nelle facciate di certi templi antichi. La scuola di Pitagora stabiliva rapporti diretti fra le proporzioni spaziali 2:1, 3:2, 4:3 ecc. e l’ottava, la quinta, la quarta»2.

A Marius Schneider fa eco Attilio Mordini: « … tutte le arti partecipano all’architettura anche quale unificazione dell’utile con il bello. All’architettura della Cattedrale o del tempio tutte le arti meccaniche e liberali partecipano appieno … , la musica non solo per le leggi acustiche alle quali il tempio deve ottemperare, bensì anche per il ritmo stesso delle masse e delle modulazioni.. Per quanto concerne l’ispirazione, i miti tradizionali uniscono l’architettura e la mu­sica in una vera e propria affinità di origini sacre… Al suono della lira vennero edificate, sempre secondo la Tradizione classica, le mura di Tebe per opera di Anfione discendente di Giove, e a lui si ispirano gli aedi greci e gli aediles dell’antica Roma. L’ordinarsi delle corde e delle pietre all’armonia dello strumento e dell’edificio è figura della restaurazione interiore del Jus operante nell’edificazione e nella fondazione della città … »3.

Inoltre lo Schneider ha dimostrato, con ampio ricorso al patrimonio mitico tradizionale occidentale ed orientale e persino alle cosmogonie africane, come la musica e la pietra costituiscano una coppia simbolica.4

Ed è stato sempre lo Schneider, con la fortunata indagine su alcuni chiostri romanici catalani5, a porre il crisma culminante e, si vuoi dire, fuori da ogni re­torica, emozionante, al quadro delle relazioni tra musica e architettura.

Esaminando le figure animalesche scolpite sui capitelli dei chiostri, entrambi benedettini ed entrambi risalenti al XII secolo, di San Cugat (un piccolo centro vicino Barcellona) e di Gerona, lo studioso fu subito colpito dalla non casualità di tali immagini: «posto di volta in volta occupato da ogni singolo capitello nella successione delle colonne dei chiostri benedettini qui esaminati non è mai casuale, ma è sempre determinato da un ritmo globale musicale o ideologico. Né «fantasia sfrenata» né «arbitrio artistico» disposero a piacere nello spazio teste e figure di santi, animali ed esseri fantastici, ornamentazione vegetale e scene mitologiche o bibliche, ma una severa e consapevole volontà ordinatrice suddivise ingegnosamente le superfici secondo un piano ben congegnato … Con quale diritto sarebbe lecito supporre che nei convento benedettino, dove la vita ad ogni ora del giorno e della notte era subordinata ad una ben precisa simbologia rituale (elaborata in ogni minimo particolare), sorgesse all’improvviso un chiostro che il costruttore avrebbe progettato senza pensare «assolutamente a niente» o lasciandosi guidare da motivi puramente decorativi o formalistici?»6.

Servendosi delle rispondenze tra note musicali ed animali offerte dalla tradizione indiana ed applicandole a quei chiostri spagnoli, e basandosi, in tale operazione, non soltanto sui risultati ormai saldamente acquisiti dei rapporti tra l’arte indiana e quella europea medievale, ma anche sulle analoghe corrispondenze che il celebre gesuita Atanasio Kircher aveva raccolto nella sua «Musurgia universalis» da fonti inequivocabilmente occidentali quali Proclo ed Edipo Egizio, l’illustre etnomusicologo tedesco poté giungere ad un risultato sorprendente: ecco, i capitelli si rivelavano coperti di suoni rituali, divenivano pietre sonore, si facevano, insomma, essi stessi – certamente a chi ne avesse trovato la chiave del segreto architettonico udibili.

Ora, «che l’idea di riprodurre plasticamente fenomeni musicali esistesse anche nel Medioevo europeo, è dimostrato dalla rappresentazione delle tonalità sui capitelli di Cluny. Qui tuttavia le figure umane, i danzatori e gli strumentisti che servivano da simboli musicali, furono espressamente dotate di scritte che ne indicavano di volta in volta la tonalità»7.

La quale è già una notizia non poco sorprendente per la mentalità estetica moderna che ci ha abituati ad un’arte che ha escluso il suono al punto che oggi riesce difficile pensare, nota lo Schneider, recando un esempio suggestivo, che i doccioni gotici assumevano pienamente la loro vita solo quando scrosciava la pioggia e i mostri di pietra barrivano, ululavano, cantavano insomma, sputando quell’acqua di vita: non c’è dubbio: per riac­quistare interamente, immediatamente il senso di questi significati sarebbe neces­sario reintegrare la capacità simultanea, e un tempo istintiva, di udito e di vista che gli antichi cinesi chiamavano «hic degli orecchi».

Ma a San Cugat e a Gerona la sorpresa si spinge oltre Cluny, qui: « gli animali non sono una nota musicale, essi rappresentano una materializzazione del suono. L’immagine dell’animale non è un segno del suono, ma un equivalente materiale della nota»8.

La trasposizione tonale dei simboli animaleschi (Leone = fa, aquila = do, pavone= re, etc.; ma senza alcun automatismo meccanico cosicché il leone stanco o sconfitto non emetterà più il fa, nota di vittoria e di affermazione, ma il mi, suono inferiore di un intervallo di semitono, nota di mitezza e di pietà), fornisce la medodia dell’inno a San Cacufane, il santo a cui è dedicata la chiesa di San Cugat, secondo l’Antifonario Romano, e la cattedrale di Gerona, dedicata alla Madre di Dio, restituisce l’inno alla «Mater Dolorosa» (Festa septembris 15).

Figura dopo figura, capitello dopo capitello, il giro del chiostro corrisponde allo svolgersi dell’inno sacro: la melodia è ridotta in pietra e la pietra può scio­gliersi nel canto che vi è stato imprigionato.

Il quale non è soltanto un criterio metodologico rivoluzionario per accostarsi all’architettura medievale e neppure soltanto «la prova sperimentale della presenza di scienze sacre simboliche universali nel Medioevo cristiano»9, ma una lezione ed un invito di profondissimo significato, che «tutto, scultura, architettura, musica, mirava a un solo fine: che l’uomo armonizzasse con il cosmo»10 e con la sua Volontà ordinatrice: tensione all’armonia cosmica che, come ci insegna­no i mistici e i santi, è continua e sublime preghiera.

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1 Si vedano i volumi di Paul Evdokìmov, La conoscenza di Dio secondo la tradizione orientale, ed. Paoline, 1969, pagg. 131 e segg., e La teologia della bellezza, ed. Paoline, 1971.
2 Marius Schneider, «La coppia simbolica musica e pietra», in Conoscenza Religiosa, 1971, n. 3, pag. 201.
3 Attilio Mordini, Verità del linguaggio, ed. Volpe, 1974, pagg. 232-233.
4 Marius Schneider, cit.
5 Marius Schneider, Pietre ché cantano. Studi sul ritmo di tre chiostri catalani di stile romanico, ed. Arché, 1976.
6 Marius Schneider, op. cit., pag. 2.
7 Marius Schneider, op. cit., pag. 18.
8 Marius Schneider, op. cit., pag. 31.
9 Elémire Zolla, introduzione a Marius Schneider Il significato della musica, ed. Rusconi, 1970, pag. 13.
10 Elémire Zolla, «Ascoltare la musica scolpita nella pietra», in Il Corriere della Sera, 23-8-1976.

Cfr. «Una Voce Notiziario», 40-41, 1977, pp. 12-14.

Sulle melodie liturgiche nei chiostri di San Cugat e di Gerona vedi ora DIAKOSMESIS

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Jacques-Bénigne Bossuet, Perché si impiega nell’oblazione il ministero degli angeli

Vi scongiuriamo, o Dio onnipotente; comandate, che queste cose sieno portate dal vostr’Angelo Santo al vostr’Altare sublime; affinchè noi tutti, che riceveremo col partecipare di quest’Altare il Sagro Corpo, e ‘l Sangue del vostro Figliuolo siamo riempiti di tutte le grazie, e di tutta la benedizione spirituale per mezzo del medesimo Gesù Cristo Nostro Signore. [Supplices te rogamus, omnipotens Deus: jube hæc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime altare tuum, in conspectu divinæ majestatis tuæ: ut quotquot ex hac altaris participatione sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cælesti et gratia repleamur. Per eundem Christum Dominum nostrum. Amen. (Canon Missae)].

Ma per capire il fondo di questa orazione, e levare ogni difficoltà, che vi si volesse trovare, bisogna ricordarsi sempre, che queste cose, delle quali vi si parla, sono in verità ‘l Corpo, e il Sangue di Gesù Cristo, ma sono questo Corpo, e questo Sangue con noi tutti, e co’ nostri voti, e colle nostre orazioni; e tutto questo insieme compone una stessa oblazione, che noi vogliamo rendere di tutto punto a Dio grata, e dalla parte di Gesù Cristo, che vien’offerto, e dalla parte di
quelli, che l’offeriscono, e si offeriscono similmente con esso. A questo fine potevasi far meglio, che dimandare di nuovo la compagnia dell’Angelo Santo, che presiede all’Orazione, ed in esso di tutti i Santi compagni della sua beatitudine, affinchè il nostro presente giunga più presto, e più grato sino all’Altare celeste, quando in questa beata Compagnia sarà presentato? Non sarà qui cosa inutile l’osservare, che dove il nostro Canone non parla, che d’un solo Angelo, parlasi nell’Ambrogiano di tutti gli Angeli per ispiegare la Santa Unione di que0 beati spiriti, ch’in fatti fanno tutti per consenso ciò ch’uno d’essi fa per esercizio, e per essere destinato particolarmente.

Cfr. J.-B. Bossuet, Spiegazione d’alcune difficoltà sopra le Orazioni della Messa ad un nuovo Cattolico di Monsignor Jacopo-Benigno Bossuet … Tradotta dalla lingua Francese all’Italiana …, Venezia, per Luigi Pavino, 1714, pp. 138-140; è stata mantenuta l’ortografia originale; apparso in «Una Voce Notiziario», 51-53 ns, 2013-2014, p. 16.

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Dedicazione di san Michele Arcangelo 2022

San Michele Arcangelo Protettore di Una Voce

Tibi mille densa míllium
Ducum coróna mílitat;
Sed éxplicat victor crucem,
Míchaël salútis sígnifer.

 

Die 29 Septembris. Tertio Calendas Octobres.

Albus. Feria Quinta. In Dedicatione S. Michaëlis Archangeli, duplex primae classis.

MISSA propria, Gloria, Credo, Praefatio communis, Evangeloium S. Joannis in fine.

 

In monte Gargáno venerábilis memória beáti Michaëlis Archángeli, quando ipsíus nómine ibi consecráta fuit Ecclésia, vili quidem facta schémate, sed cælésti præstans virtúte.

NOVE INVOCAZIONI
ALL’ARCANGELO MICHELE
PROTETTORE
DELL’ASSOCIAZIONE UNA VOCE

1. O Beato Michele, Preposto del Paradiso, la cui voce levò nei Cieli la prima lode di Dio, insegnateci la vera orazione, che è lode perenne della gloria di Dio.

2. O Beato Michele, Messaggero della Santissima Trinità, insegnateci a seguirne con prontezza e abbandono le adorabili ispirazioni.

3. O Beato Michele, Principe delle Milizie Celesti, che nel presagio della Incarnazione apriste la lunga battaglia tra il Cielo e l’Inferno, insegnateci a condurre sulla terra quella stessa battaglia, per i meriti di Colui che s’incarnò per noi.

4. O Beato Michele, latore al sublime altare del Padre della Divina Vittima dei nostri altari, insegnateci l’adorazione perfetta della Santissima Eucaristia.

5. O Beato Michele, Cavaliere della Santissima Vergine, insegnateci a portare sempre in cuore il nome e l’immagine della vostra Celeste Signora.

6. O Beato Michele, Patrono della Chiesa Cattolica, insegnateci a professarne con assoluta purezza l’irreformabile dottrina.

7. O Beato Michele, Diacono delle Liturgie Celesti, insegnateci a custodire e tramandare con fedelissimo amore le nostre sante liturgie terrestri, che ne sono lo specchio e la figura.

8. O Beato Michele, Custode delle anime dei Giusti, otteneteci dal Signore di addormentarci nel segno della fede confessata dai nostri padri e di essere suffragati con i riti della nostra mirabile tradizione.

9. O Beato Michele, Corifeo dei Nove Cori Angelici, consentiteci di unire sino da questa vita il nostro gaudio al loro gaudio senza fine, dicendo ad una voce: Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabaoth, pleni sunt cæli et terra majestatis gloriæ tuæ, hosanna in excelsis.

 

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